ROBIN McKELLE& The Flytones
Doxie Records / RCA VICTOR – Sony Music
‘SOUL FLOWER’
Nouvel album, sortie le 30 janvier 2012
Marqué du sceau de la soul & sous le signe du rythm’n & blues, en 9 originaux, 3 reprises et 2 duos.
Le nouvel album d’une chanteuse et musicienne exceptionnelle.

En concert à La Cigale / Paris le 17 mars 2012 et en tournée dans toute la France

Février : 01 Massy / Centre Paul B , 02 Metz / Arsenal ; 04 Sannois / EMB ; 06 Nice / Cedac ;10 Rambouillet, Le Nickel

Mars 09 Rennes / Festival de Jazz (special guest F. Wesley et Pee Wee Ellis) ; 16 Guyancourt / La Batterie ; 17 Paris / La Cigale ; 23 Montpellier / Le Jam

Mai 12 Ales / Le Cratère ; Juin 24 Hauterive / Jazz au Palais

Juillet 16 Antibes / Jazz à Juan ; 23 Marseille / Jazz des 5 Continents ; 27 Althen / Festival de Blues ; 30 La Londe / La Londe Jazz Festival. 

Cet album, Robin McKelle aurait aussi pu l’intituler The Real McKelle. « C’est celui que je rêvais de faire depuis toujours, non que j’en ai été empêchée par le passé, simplement les circonstances en avaient décidé autrement. » La chanteuse signe la plupart des chansons de ce nouvel enregistrement entre soul et rhythm’n’blues, contemporain, échappant à la tentation rétro actuelle. « J’aime tellement cette musique, que je ne me voyais pas faire du « à la manière de … ». J’ai grandi en écoutant Nina Simone, Gladys Knight, j’ai chanté leurs classiques, mon plus grand plaisir aujourd’hui c’est d’imaginer mon propre répertoire dans cette veine soulful. » Soul Flower comprend une large majorité de titres originaux, et quelques covers, dont un « Walk On By » pris sur un tempo nerveux.

On connaissait ses talents d’interprète, sa voix de contralto puissante, expressive, ce timbre chaud qui saisit un auditoire, son charme, on découvre ici son écriture et son savoir‐faire au moment d’imaginer des airs familiers qui vous entrent immédiatement dans l’oreille. Le fruit d’une longue imprégnation dans le gospel, la soul, le blues. Le fruit aussi d’un travail collectif. Robin McKelle a tenu à ce que cet album associe ses partenaires jusque dans son titre, Robin McKelle & The Flytones. « Les Flytones, c’est à la fois pour démarquer ce projet de ce que j’ai pu faire en solo, et auparavant dans le jazz. C’est aussi pour souligner le travail d’équipe sur ce disque, avec Sam Barsh (ancien pianiste d’Avishai Cohen) et Derek Nievergelt (son bassiste actuel). Ils viennent du jazz, mais adorent cette musique. On a peaufiné ces titres ensemble, certains même sur scène, pendant les tournées. »

La plume de Miss McKelle plonge, lucide, dans l’encre d’une actualité oppressante. « So It Goes », sous‐tendu par des claviers à la Donny Hathaway, évoque « le poids d’un quotidien de plus en plus lourd, le sentiment partagé par beaucoup de ne plus y arriver, mais de lutter quand même ». Femme de caractère, la chanteuse reprend le dessus lorsqu’il s’agit d’évoquer les relations sentimentales. « Tell You One Thing » retrouve des orchestrations et des choeurs à la Ray Charles. Un solo de piano, un chorus de guitare, rappellent le background jazz des acteurs de cette session. « Fairytale Ending» a un parfum vintage, très « northern soul », ces productions des années soixante célébrées dans les clubs du nord de l’Angleterre, entre Motown et Stax. Chaque fois la voix de Miss McKelle prend d’autres teintes, énergique ou vulnérable, avec justesse. « Don’t Give Up » avance sur un tempo délibérément ralenti, comme un vieux blues. Un Wurlitzer et un orgue trainant accompagnent la complainte amoureuse de la chanteuse. Sur le très prenant « Change » ‐ un shuffle gospel porté à ébullition par la batterie et l’orgue ‐, sa conviction et sa ferveur renouent avec les grandes heures des chants engagés des sixties. « On ouvre la radio le matin, on regarde la tv le soir, et on entend : « crise, crise, crise ». Le mot répété dix mille fois par jour, où que l’on soit dans le monde. J’ai essayé d’en parler, mais en partant du réel, du vécu des gens, de leur ressenti au quotidien. » Ce qui n’empêche pas la native de Rochester dans l’Etat de New York, de boucler cette session sur une note jazz et glamour, une cover d’ « I’m A Fool To Want You » (immortalisé par Frank Sinatra et Billie Holiday).

Cet album, c’est aussi une histoire de rencontres. Deux duos, deux grands moments d’émotion. Le premier avec un vétéran de la soul, revenu au premier plan depuis quelques années après une longue éclipse : Lee Fields. « En fait, bizarrement, il y a eu tout ce revival, Raphael Saadiq, Sharon Jones, au moment où j’étais dans cette dynamique jazz. Je bouillais d’y venir. Et au milieu de tous ces artistes, il y en a un que j’admirais par dessus tout, encore plus depuis My World, son disque sur le label Truth & Soul. Lee (Fields), c’est une présence, une sincérité. En studio, lorsque nous avons repris « To Love Somebody » des Bee Gees (repris jadis par Janis Joplin, Dusty Springfield, …), j’avais des frissons. Sa voix couvrait la mienne, tant elle est puissante. » Et puis, autre climax, un titre original chanté avec Gregory Porter, nouvelle figure du jazz vocal dont on parle, au‐delà du jazz, comme pour Robin McKelle. « Je l’ai découvert en club, à New York. Un soir, il passait au Smoke, je me suis installée au bar et j’ai adoré. Lui aussi possède une voix impressionnante et une vraie sensibilité. Le duo est un exercice spécial. Il ne s’agit pas de signer une performance, mais de laisser s’installer une vraie complicité le temps d’une parenthèse de quelques minutes, pour raconter une histoire. En l’occurrence « Love’s Work » évoque la relation dans un couple, lorsqu’il faut tenir bon, résister dans les mauvais moments. » Une merveille de duo, tout en nuances, digne des grands devanciers sur une mélodie irrésistible (cuivres et piano Wurlitzer pour entretenir la flamme).

Certains ont une vie, d’autres deux, voire trois … Robin McKelle, dans sa carrière de chanteuse, est née plusieurs fois. Le grand public l’a découverte en 2006, avec un premier album, Introducing Robin McKelle (2006), puis avec Modern Antique (2008), deux sessions swing, en big band. « J’avais enregistré une démo, des bandes pour trouver des engagements. Finalement, elles ont abouti sur la table d’un label et le disque est sorti avec tout le tourbillon positif qui s’en est suivi. Je ne peux pas avoir de regrets ; je me suis mise à tourner dans le monde entier, dans des salles de plus en plus grandes, grâce à ce premier album, puis au suivant. »
Puis il y eut un autre tournant, début 2010, avec Mess Around qui rompait avec un certain classicisme, avec des thèmes empruntés à différents auteurs ‐ Leonard Cohen, Doc Pomus, Willie Dixon ou les Beatles ‐, mais signifiait surtout un virage esthétique en forme de retour aux sources pour la native de Rochester, dans l’Etat de New York. « Les gens ont accepté la transition, parce qu’ils ont senti que c’était naturel. Dans ce registre soul jazz, j’exprimais mieux ma personnalité. Ca a été comme une libération. Et aujourd’hui, je me sens totalement en harmonie avec moi‐même. C’était un risque, mais je n’aime pas l’immobilisme. »

Dans sa première vie, Robin McKelle avait déjà chanté de la soul. Influencée par sa mère vocaliste dans la chorale de son église, la jeune Robin McKelle, avait en effet commencé par exercer son talent dans des groupes de r&b dès l’âge de quinze ans. Initiée au piano et au cor d’harmonie, elle étudia ensuite le jazz à l’Université de Miami (1994‐1996), avant de rejoindre le Berklee College Of Music de Boston, dont elle sortit diplômée (1999). Revenue sur la côte ouest, elle enchaîna les engagements comme choriste. « J’ai appris mon métier. » De retour au Berklee College Of Music comme enseignante, Robin McKelle se présenta alors au concours Thelonious Monk, à Washington. Elle y remporta un prix en 2004. « Ensuite il y a eu une période incertaine, je chantais avec des groupes, nous reprenions des hits, et je me produisais dans des mariages, en attendant le déclic.»

Le nouveau chapitre de son histoire semée de rebonds, elle l’aborde sans regarder en arrière. « De temps en temps, j’y repense, mais tout ça est loin. J’ai l’impression de commencer une nouvelle histoire avec Soul Flower et j’ai hâte de le défendre sur scène. » La scène où le talent d’interprète de Robin McKelle prend encore une autre dimension …